Vernissage
le Jeudi 24 Juillet 2008
à 18H30

 

Niché sur le plateau du Capcir dans les Pyrénées orientales, le petit village de Réal confie depuis plusieurs années au Forum de l'Image la mission d'inviter un photographe à résider dans ses murs afin de réaliser une création sur ses terres. Le Forum de l'Image organise par la suite durant l'été une exposition à la mairie et une installation de bâches créant un parcours dans le village. Le site et ses habitants - une quarantaine de résidants à l'année, environ 150 l'été - sont pris comme sujets d'observation par les photographes de passage. Chacun les découvre avec le filtre de sa personnalité, de ses goûts, de ses centres d'intérêt, de sa pratique photographique…

© Anne Golaz

"J’aime mon village" A Réal et sur le plateau du Capcir, j’ai cherché à rencontrer les agriculteurs et éleveurs de la région. Ce fut une confrontation nouvelle, bien que de façon générale mon travail photographique soit essentiellement construit autour de la représentation de la paysannerie. Ce fut une mise à l’épreuve face à un monde nouveau, différent des campagnes suisses de mon entourage dans lesquelles j’ai l’habitude de faire des images. Les deux semaines que j’ai passé à Réal ont donc été une immersion totale dans un autre monde où il fallut agir non pas stratégiquement ou conceptuellement, mais d’abord humainement. C’est ainsi qu’il me semble avoir d’avantage usé de mes connaissances de fille d’agriculteur que de mes compétences photographiques pour aller à la rencontre d’une partie de la paysannerie du Capcir. La photographie était encore une fois ce moyen de rencontre efficace, ce prétexte à de nouvelles confrontations. Ce projet m’a permis d’aborder sous un autre angle une thématique qui m’est chère et d’apporter une autre dimension à un travail existant. J’ai travaillé sur huit exploitations différentes et j’ai été très surprise de voir combien variées étaient les situations rencontrées, tant sur le plan professionnel qu’humain. Ce sont aussi les histoires des gens que j’ai aimé écouter à travers leurs passions, leurs doutes et leurs espoirs. Une certaine paysannerie disparaît au Capcir, comme ailleurs en France, ou en Suisse, face aux politiques agricoles actuelles. Mes images sont avant tout une tentative de transcrire la force de vie ou de survie d’une ruralité parfois oubliée. Elles ne font pas l’éloge d’une agriculture prospère, mais posent un regard sur les richesses d’un quotidien rural en tentant de transcrire sa beauté, sa fragilité et sa dignité. Il ne s’agit ni de faire le deuil de cette paysannerie, ni de dresser un constat rigoureusement documentaire, mais de partir à la rencontre d’un monde rural en perpétuelle mutation. « J’aime mon village » est une façon de parler du lien qui attache les paysans non seulement au village mais surtout à la terre, à ce territoire qu’ils occupent depuis des générations. Sous cet intitulé humoristique et à priori naïf, on perçoit très vite la nature complexe du lien qui enracine l’agriculteur à son univers, car bon nombre d’éleveurs se sentent aussi esclave de leur propre exploitation. « J’aime mon village » est également une manière de soulever mon propre attachement au monde rural et de dire que si les campagnes sont vivantes c’est peut être grâce aux paysans. L’ensemble de mon travail se compose de trois approches. La première concerne les lieux, intérieurs ou extérieurs, souvent des espaces clos. La seconde s’intéresse aux personnages, avec des portraits en lumière naturelle. La dernière, présente une collection de 9 objets, récoltés au hasard de mon séjour. C’est pourquoi j’ai choisi trois lieux, trois portraits et trois objets, pour l’exposition sur bâche, afin d’introduire mon travail dans les ruelles de Réal.

Anne Golaz Juin 2008

© Anne Golaz © Anne Golaz
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© Anne Golaz
© Anne Golaz
   

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