Caroline
Pandelé photographie l'univers froid et aseptisé des hôpitaux,
des housses d'ensevelissement, des salles de dissection, des longs couloirs
où l'humain est absent.
Lorsque l'organique prend place, c'est sous la forme de trace : la déliquescence
d'une prune pourrie, des restes de compresses ensanglantées, des chairs
sans vie.
Une vidéo décortique la mécanique du baiser, une bouche
sensuelle tient lieu de narratrice mais l'aspect séducteur ne peut
résister à cette description scientifique.
La force des photos de Caroline Pandelé réside en une parfaite
maîtrise de la lumière et un extrême dépouillement.
Elle suggère, saisit le détail qui en fera dire long à
l'objet. Les grands formats brillants contribuent à l'exacerbation
de cette atmosphère glacée, clinique. On sentirait presque des
odeurs de chloroforme et autres substances si caractéristiques. Une
vision esthétisante d'un milieu généralement craint,
jouant sur l'attraction/répulsion.
Fabienne
Maridet INTRAMUROS